La vie commence à 40 ans

La vie commence à 40 ans

Toutes celles qui ont franchi le cap de la quarantaine vous le diront ! Elles n’ont jamais été aussi bien dans leur peau et dans leurs baskets. Au sein de la nouvelle espèce des homo-sapiens en jupon, où l’espérance de vie s’est rallongée, c’est le même son de cloche : la vie commence à 40 ans.

Par Celia Ouabri

Sur l’échelle de Richter de la forme physique, de la confiance en soi, de la maturité et de l’épanouissement, on est à 8. Certes, le corps se débarrasse progressivement des reliquats de la jeunesse, mais en contrepartie, il nous façonne un caractère en béton. Les enfants ont grandi et les couches bébé, biberons et hochets ne font plus partie du décor. Alors, la vie, la vraie, nous tend enfin les bras.
Le bel âge !
À 40 ans, les femmes ne sont pas encore dans la peau de la quinqua ménopausée et chiffonnée par les brusques changements d’humeur dus au dérèglement hormonal. Elles ont encore de la marge et tiennent à en profiter au maximum. Bien installées dans leur quotidien, stables sur le plan professionnel et affectif, les quadras empoignent la vie à pleines mains. Elles ont suffisamment de poil au menton pour savoir que les bisounours ne sont que chimères. Cuirassées, elles se sont ainsi façonnées, au fil des années, un tempérament fort et affranchi. On dit souvent que nos jeunes années sont les plus belles. Mais, chemin faisant, beaucoup de femmes réalisent qu’elles sont mieux dans leur peau, lorsque sonne le glas de la quarantaine. Exit la jeune femme hésitante qui n’assume ses opinions qu’à demi mot.
À la quarantaine, les femmes sont plus pondérées et moins impulsives. Elles savent s’affirmer, taper du poing sur la table et dire non. Certes, la «carcasse» est un peu gâtée par le temps, les poignés d’amour tiennent un sitting non autorisé autour des hanches, le teint devient cireux, des pattes d’oies intempestives se creusent autour des yeux… mais, en revanche, on y gagne d’autres batailles bien plus importantes. Salima, 43 ans, a entretenu de jolis restes de sa plastique.

«J’AI PASSÉ MA VINGTAINE À FAIRE DES BÉBÉS, MA TRENTAINE À LES ÉLEVER MAIS, MA QUARANTAINE M’APPARTIENT ENFIN. JE TRAVAILLE, J’APPRENDS L’ESPAGNOL, JE FAIS DU SPORT… ACTUELLEMENT, J’OPÈRE UNE VÉRITABLE RENAISSANCE. UNE DEUXIÈME VIE, QUOI !», NOUS CONFIE SALIMA, 43 ANS.

La quarantaine épanouie, elle nous révèle : «J’ai passé ma vingtaine à faire des bébés, ma trentaine à les élever mais, ma quarantaine m’appartient enfin. Je travaille, j’apprends l’espagnol, je fais du sport… actuellement, j’opère une véritable renaissance. Une deuxième vie,
quoi !», assure-t-elle. Sur le plan physique, certaines quadras, longtemps «trop plates» malgré elles, dans leur jeunesse, sont heureuses d’avoir du monde au balcon. «Plus jeune, j’étais maigre comme un clou !», confie Latifa, 45 ans. «Aujourd’hui, avec l’âge, j’ai enfin gagné une poitrine plantureuse, des hanches généreuses et des courbes féminines. Je me sens plus femme et tellement mieux dans ma peau !»
Les privilèges de l’âge
La quarantaine, c’est le grand âge de la jeunesse. L’âge de la raison, de la maturité et de la plénitude. L’image de cette frêle jeune fille rougissant pour un rien et acceptant tout sans sourciller, fait désormais partie du passé. «Quand je pense à mes premiers pas dans la vie professionnelle, je ne peux m’empêcher de sourire», raconte Hawa, 44 ans. «Naïve, effacée et complètement écrasée, je passais mon temps à apporter des cafés à mes collègues, faisant le va-et-vient entre leur bureau et le photocopieur. À l’époque, je n’imaginais même pas que je pouvais dire non. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. À présent, on m’appelle «Madame». Je crois que l’un des privilèges de l’âge, c’est le respect et la considération que les autres s’obligent à avoir envers vous !»
Si jeunesse savait….
Jeune, on est plutôt en CDD de l’amour et du travail. On passe ses jeunes années à se tricoter des angoisses, à se poser de multiples questions… «Vais-je trouver du travail ? Vais-je rencontrer le prince charmant pour fonder un foyer ?»… À la quarantaine, tout cela est loin derrière nous. «La stabilité, tant sur le plan affectif que professionnel, est l’un des privilèges de la quarantaine !», soutient Anissa, 42 ans. «On profite mieux de la vie, car on est conscient de l’émiettement inéluctable du temps. C’est la raison pour laquelle on prend le temps de vivre et de savourer pleinement chaque instant». La vie commence à 40 ans, et au diable les premières rides et les kilos superflus. L’essentiel, c’est d’être bien dans sa tête et ses baskets… semblent vouloir dire toutes ces post-quadras qui découvrent toute l’étendue du sens «être épanouie» !

L’avis du spécialiste

La quarantaine, c’est l’âge de l’ambigüité. C’est être à mi-chemin de sa vie. Et, à cet âge-là, on est pile dans le principe de la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide. Pour les pessimistes, quel que soit leur parcours affectif ou professionnel, ils vous rétorqueront qu’à 40 ans, on n’a plus l’âge de se laisser aller et il est trop tard… pour se réaliser. C’est un tort que de croire cela. Car, en réalité, à ce parcours-là de l’existence, on a engrangé des acquis qui nous permettent de mieux parcourir la deuxième étape du chemin de la vie. Malgré le poids des ans, cela s’apparentera davantage à une pente à arpenter qu’à une côte à grimper. Jusqu’à 40 ans, on avance dans la vie à grands pas, sans se retourner ni prendre le temps d’apprécier les choses. Au-delà de cet âge, il va falloir prendre le temps de flâner. De vivre pour soi, d’errer au gré des hasards, des rencontres. C’est le temps de toutes les aventures humaines. Le temps où il est plus question de rajouter de la vie aux années que des années à la vie. La bouteille, il faut la voir à moitié pleine et tout ira pour le mieux.
Dr A. Nazim, psychologue

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