Mon enfant  fait des  cauchemars

Mon enfant fait des cauchemars

Au beau milieu de la nuit, tout le monde dort, tout semble calme. Pourtant, il y a bien quelque chose qui vous a réveillée, non ? Un cri aigu suivi de sanglots et de «maman !» retentit dans toute la maison. Votre enfant a encore fait un cauchemar. Vous vous levez, désemparée mais surtout furieuse d’être impuissante face à ce phénomène. Votre enfant vous raconte son cauchemar et vous tentez de le rassurer et de l’apaiser tout en le recouchant.

Yasmine Amziane

Psychologue clinicienne (enfants et adultes), thérapeute de famille et maître-praticienne en programmation neurolinguistique, le docteur F. Zouira, tente de nous expliquer ce phénomène tant mystérieux que fascinant…
Dzeriet : Les cauchemars semblent se produire plus fréquemment entre 2 et 6 ans. Pourquoi les enfants font-ils autant de cauchemars à cet âge ? Et de quoi rêvent-ils ?
F. Zouira : C’est relatif au début de la socialisation de l’enfant, à son entrée dans le monde extérieur. Il découvre alors qu’il peut être en proie à des sentiments tout à fait ambivalents : il ressent à la fois de l’amour et de la haine envers ses parents, ses frères et sœurs…

Jalouse de son frère, une fillette voudra le faire tomber de la balançoire, un étranger veut le kidnapper, un voleur veut lui piquer son cartable, leur maman ou leur papa les abandonne… Autant de situations difficiles qu’ils extériorisent au travers des rêves.
À quoi sert le rêve ? Est-il important dans le processus de la construction de la personnalité ?
Le rêve, c’est le refoulement d’une chose qui a été vécue, tout enfant fait des cauchemars. Et c’est utile pour dépasser et libérer une souffrance, une peur ou une crainte qu’il n’arrive pas à exprimer la journée. Contrairement à la journée où il existe des interdits, dans le rêve, tout est permis ! Le rêve ignore censure et interdit : c’est le domaine de l’inconscient. Un mauvais rêve va donc mettre en scène les peurs de l’enfant ou ses frustrations. Même si cela peut paraître inquiétant pour les parents, les cauchemars sont des temps importants où l’enfant va se construire et forger sa personnalité entre réalité et imaginaire.

Comment gérer ces troubles nocturnes ?
Si l’enfant est encore trop jeune et qu’il commence à faire des cauchemars, on peut, pour la première nuit, l’autoriser à dormir avec papa et maman mais attention ! Que cela ne devienne pas une habitude !
Si cela se reproduit, il faut l’emmener dans sa chambre, allumer, lui montrer qu’il n’y a personne, faire semblant de chercher, le réinstaller dans son lit et rester avec lui quelques minutes, le temps qu’il se rendorme.

Un environnement agité et les conflits parentaux, incitent-ils les enfants à faire des cauchemars ?
Oui, beaucoup ! Si les parents se disputent constamment et devant l’enfant, ou pire, si le papa bat sa femme devant ses enfants, il est certain que cela va créer chez eux une peur et une insécurité, cette dernière sera bel et bien traduite et évacuée en cauchemar.
Personnellement, je conseille tout le temps à mes patients de ne pas se contredire devant leur enfant et encore, se contredire, ce n’est rien ! C’est juste ne pas être d’accord sur quelque chose mais l’enfant peut interpréter cela d’une façon très personnelle et en déduire que, par exemple, ses parents ne l’aiment pas !

Quels sont les autres éléments susceptibles d’effrayer l’enfant ?
Des volets qui claquent, l’ombre d’un arbre sur la vitre, un bruit bizarre, tous sont des sources d’angoisse pour un petit. Essayez de les éliminer au maximum.
Il faut donc faire attention à ce que l’enfant passe une soirée calme : pas de films noirs et autres histoires d’horreur. Certains programmes télévisés peuvent profondément traumatiser votre enfant, particulièrement s’il les regarde juste avant d’aller se coucher. Dans la chambre de votre enfant, allumez une petite lampe. Laissez la porte ouverte, tout cela jouera sur le psychologique : cela rassurera votre enfant qui, se sentant plus en confiance, s’endormira plus sereinement.

Comment les mamans peuvent-elles rassurer et apaiser leurs enfants après un mauvais rêve ?
La communication est très importante ! D’abord, il faut parler avec l’enfant. L’aider à extérioriser son angoisse en racontant ses rêves effrayants. L’imagination très fertile des enfants peut les conduire à mal interpréter leurs cauchemars. En discutant avec lui, vous lui éviterez d’élaborer des scénarios dans sa tête et d’en arriver à confondre le rêve et la réalité. Quand l’enfant racontera son mauvais rêve, il faut sourire, banaliser et en déduire que son rêve n’est pas du tout méchant.

Quel est le rôle du psychologue dans le travail du cauchemar et en quoi consiste-t-il ?
Les gens ne consultent presque jamais pour ce motif. Cela dit, si ça devient fréquent et inquiétant, il faut bien évidemment voir un psychologue ; ce dernier l’encouragera à s’exprimer par des dessins pour un premier temps, puis verbalement. Il va l’aider à exprimer ses peurs et à les affronter.

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