Syndrome de l’oeil sec

Syndrome de l’oeil sec

Faut-il le traiter ?

APPELÉE AUSSI SYNDROME DE LA SÉCHERESSE OCULAIRE, CETTE AFFECTION DE L’OEIL EST ASSEZ COMMUNE. ELLE TOUCHE ENTRE 5 ET 30% DE LA POPULATION, DONT UN PLUS GRAND NOMBRE DE FEMMES. À PREMIÈRE VUE, ELLE PEUT SEMBLER BANALE, MAIS LORSQU’ELLE PROVOQUE DES DÉSAGRÉMENTS, IL DEVIENT IMPORTANT D’ALLER CONSULTER SON MÉDECIN. POUR COMPRENDRE LA MALADIE, SES SYMPTÔMES, CAUSES ET TRAITEMENT, DZERIET A POSÉ QUELQUES QUESTIONS POUR VOUS AU DOCTEUR L. BOUCHAREF, SPÉCIALISTE EN OPHTALMOLOGIE.

Sécheresse oculaire : qu’est-ce que c’est ?
On parle du syndrome de l’oeil sec lorsque la quantité et/ou la qualité des larmes d’un individu est insuffisante ou mauvaise.
Dans une situation normale, les larmes sont secrétées régulièrement par les glandes lacrymales puis étalées sur toute la surface de l’oeil grâce au clignement des paupières. Principalement composées d’eau et de corps gras, elles agissent comme une fine barrière devant la cornée. Elles la protègent des agressions extérieures (poussière, bactéries), l’humidifient, la nourrissent… lui évitant ainsi de s’infecter et/ou de s’altérer.
Causes de la sécheresse lacrymale
Ce mal provient d’une mauvaise qualité ou d’une diminution de la production de larmes. Les symptômes sont multiples : picotements, sensation de sable dans les yeux, de paupières collées, gêne à l’ouverture des yeux le matin au réveil, difficulté à porter des lentilles, des rougeurs oculaires, sensibilité à la lumière… Le plus souvent, ce phénomène des yeux secs est lié au vieillissement. D’autres facteurs peuvent être en cause : médicaments, chirurgie de l’oeil, pollution, maladie…
Quelles sont les causes de la sécheresse oculaire ?
La sécheresse oculaire peut avoir plusieurs origines :
Maladies : comme une conjonctivite, une inflammation des paupières, une rosacée, une maladie auto-immune (syndrome de Goujerot-Sjögren, polyarthrite rhumatoïde, lupus...), une infection virale (VIH, hépatites…)

Médicaments : La prise de certains traitements comme les anxiolytiques, les traitements substitutifs de la ménopause, ceux contre la maladie de Parkinson ou encore les somnifères peuvent entraîner une sécheresse des yeux, parfois associée à une sécheresse buccale.
Facteurs environnementaux : La pollution, le tabac, la climatisation, le vent, la haute altitude ou encore le port de lentilles de contact ou le travail sur écran.
L’âge : le vieillissement et l’arrivée de la ménopause, par une atrophie dégénérative des glandes lacrymales, sont également des facteurs déclenchants.
Avis d’une spécialiste :
Le syndrome de la sécheresse oculaire se manifeste soit par une hypo sécrétion au niveau des glandes lacrymales, autrement dit, il n’y a pas assez de larmes. Ou bien par une mauvaise qualité de larmes, le film lacrymal n’est pas de bonne qualité.
Il y a le facteur hormonal, c’est pourquoi elle est très fréquente chez les femmes à partir de la quarantaine, surtout en période de ménopause. Mais chez les hommes aussi en andropause. Il existe également d’autres facteurs comme la pollution qui assèche l’oeil, l’utilisation de l’ordinateur durant toute la journée empêche le mouvement palpébrale… Certaines personnes contractent cette maladie secondaire avec des traitements comme les antidépresseurs, ou bien suite à des interventions chirurgicales sur l’oeil… Quand le patient se présente, un syndrome sec est souvent recherché, certaines se plaignent même de l’absence de salive ou de problèmes de rhumatismes… Pourquoi approfondir la recherche ? Parce qu’en général, ce sont des maladies de systèmes associées qui touchent plusieurs organes. Dans ce cas, un traitement global est recommandé.
Recherche du syndrome sec
La symptomatologie de la sécheresse lacrymale ressemble énormément à la conjonctivité allergique et ce n’est pas le même traitement. Le signe évocateur c’est surtout la difficulté à ouvrir l’oeil le matin au réveil. En conséquence, il n’y a plus de sécrétion de larmes, mais aussi le film lacrymal n’est pas de bonne qualité…
En tant qu’ophtalmologiste, on fait le diagnostic de cette sécheresse lacrymale par des bandelettes qu’on appelle le test de « Schirmer », ainsi on quantifie, car on peut avoir une hypo sécrétion comme on peut avoir carrément une sécheresse totale ou sévère !
Il existe plusieurs formes de sécheresse lacrymale :
La sécheresse simple : C’est quand il n’y a pas de kératite, c’est-à-dire la cornée n’est pas atteinte. Celle-ci est traitée seulement avec des larmes artificielles.
La sécheresse prononcée : Lorsque la cornée est touchée ça devient douloureux, le patient souffre de rougeurs et une photo phobie, donc des difficultés à la lumière. Dans ce cas, les larmes artificielles ne suffisent pas, des cicatrisants cornéliens sont rajoutés dans le traitement.
Et parfois quand le stade est très avancé, la sécheresse lacrymale est très sévère, d’autres traitements sont prescrits comme des clous méatiques qui empêchent les larmes de s’évaporer ! Certains traitements ne sont pas disponibles et c’est en pharmacie ou au niveau des hôpitaux qu’ils sont préparés, comme par exemple le « cyclosporine A ».
Quel traitement ? Local :
Il s’agit de larmes artificielles qui sont disponibles avec plusieurs marques. La personne doit impérativement hydrater régulièrement l’oeil sec ! Et le plus important, c’est de rechercher un syndrome sec, en confiant le patient à l’interniste, éventuellement à un traitement général. Il y a aussi la pause de clous méatiques, et c’est réversible. On peut les enlever à n’importe quel moment, ils permettent de préserver à l’intérieur le peu de larmes disponibles.
Durant le traitement d’un patient atteint du syndrome de sécheresse lacrymale, on lui interdit le port de lentilles de contacts car, celles-ci assèchent l’oeil. On demande aux personnes aussi de porter des lunettes solaires et anti-reflets en face de l’ordinateur, et d’éviter la climatisation qui, elle aussi, rend l’oeil déshydraté. Pour les femmes qui se maquillent, choisir des produits hypo allergéniques. Les gens qui sont contraints de faire un long voyage dépassant les six heures, on leur conseille d’hydrater sans arrêt l’oeil, car dans l’avion notamment, la climatisation marche tout au long du trajet… Il faut absolument traiter pour éviter la kératite qu’est une complication de la maladie !

POUR LES FEMMES QUI SE MAQUILLENT, CHOISIR DES PRODUITS HYPO ALLERGÉNIQUES. LES GENS QUI SONT CONTRAINTS DE FAIRE UN LONG VOYAGE DÉPASSANT LES SIX HEURES, ON LEUR CONSEILLE D’HYDRATER SANS ARRÊT L’OEIL.

Remerciements à :

Docteur L. Boucharef, spécialiste en ophtalmologie, maladies et chirurgie des yeux.
Angiographie-Laser
Tél. : 023 30 69 76

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