dimanche , 25 juin 2017
Lamia Aït Amara

Lamia Aït Amara

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«Mon album Cham’s présente la musique andalouse sous une nouvelle forme »

LAMIA AÏT AMARA EST UNE ARTISTE INTERPRÈTE DE MUSIQUE ARABO-ANDALOUSE. ELLE A FAIT SES CLASSES À L’ASSOCIATION LES ROSSIGNOLES D’ALGER OÙ ELLE S’EST EXERCÉE SUR DIFFÉRENTS INSTRUMENTS AVANT DE SE DÉMARQUER PAR SA VOIX ET REJOINDRE PLUS TARD L’ASSOCIATION EL INCHIRAH OÙ ELLE DEVIENT SOLISTE PRINCIPALE. LAMIA A ENTAMÉ UNE CARRIÈRE SOLO DEPUIS 2014 ET A INITIÉ DES PROJETS DE RECHERCHE ET DE FUSION MUSICALE AVEC KHALIL BABA AHMED, QUI ONT DONNÉ NAISSANCE AU SPECTACLE TRAVERSÉES ANDALOUSES. DANS CET ENTRETIEN ACCORDÉ À DZERIET, LAMIA AÏT AMARA REVIENT SUR SON PARCOURS MUSICAL ET SUR SON PREMIER ALBUM CHAM’S.
Par Sarra Safar Bati

Dzeriet : Comment vous est venue cette grande passion pour l›art musical arabo-andalou ?
Lamia Aït Amara : La musique arabo-andalouse est un art pur dans sa forme et sa consistance. Mon coup de coeur pour cette musique remonte à très loin, plus exactement à l’âge de 4 ans lorsque j’ai intégré l’association Les Rossignols d’Alger sous l’égide de maître Youcef Oueznadji. Ce grand maître m’a fait goûter à cette musique que je n’ai plus cessé d’aimer et de pratiquer depuis. Je me suis initiée, pendant 15 ans, au chant de la nouba andalouse tout en m’exerçant à manier le violon, le luth, le r’bab et la mandoline. J’ai rejoint ensuite l’association El Inchirah, qui a été pour moi une occasion pour approfondir mes connaissances et m’ouvrir sur d’autres variantes telles que le malhoun, le madih et le hawzi, sous la direction de maître Smaïl Hini.
Parlez-nous de votre premier album Cham’s ?
Cham’s était une aventure très particulière pour moi. Cet album est le fruit d›un long travail de recherche où j›ai essayé de façonner un produit musical fidèle à ma personnalité artistique et à ma vision. Cham’s est un résumé de tout mon parcours. Au début, on retrouve des pièces du répertoire Sanaâ que j’ai chantées dans mon enfance. J’enchaîne par la suite avec un hawzi et un malhoun en référence à l’époque El Inchirah et je termine avec de la chansonnette et du mouachah. Aussi, cet album fut pour moi une occasion de présenter la musique andalouse sous une nouvelle forme. Aucun détail n’a été négligé pour donner naissance à une expression musicale riche en sonorités et en arrangements. Ce travail a été réalisé avec l’apport de mon chef d’orchestre et également directeur artistique du projet, le maestro Khalil Baba Ahmed.
Cet album vous l’avez dédié à une association caritative, n’est-ce pas…
Oui, l’album porte le nom de l’association Cham’s, une association qui vient en aide aux enfants en difficulté par les arts thérapeutiques. Je ne vous cache pas que cette rencontre, qui date de plus de deux ans, a été pour moi une réelle découverte et un véritable émerveillement. J’ai eu la chance de partager la scène avec les enfants de cette association et j’ai été particulièrement touchée par leur implication et leur
CET ALBUM FUT POUR MOI L’OCCASION DE PRÉSENTER LA MUSIQUE ANDALOUSE SOUS UNE NOUVELLE FORME. AUCUN DÉTAIL N’A ÉTÉ NÉGLIGÉ POUR DONNER NAISSANCE À UNE EXPRESSION MUSICALE RICHE EN SONORITÉS ET EN ARRANGEMENTS.
dévouement. Je me considère aujourd’hui comme privilégiée car j’ai eu l’honneur d’être adoptée par ces enfants et je fais maintenant partie intégrante de cette merveilleuse famille avec qui je partage de purs moments de bonheur. C’est, donc, tout à fait naturel que mon premier album leur soit dédiés et je ne pouvais pas imaginer en faire la promotion sans eux à mes côtés sur scène, comme ce fut le cas le 26 février dernier à la salle Ibn Zeydoun. Aussi, je tenais également à faire participer les amoureux de la musique andalouse à cette aventure, en leur permettant, eux aussi, de contribuer à faire vivre cette association, puisque pour chaque CD vendu, une petite partie sera versée pour l’association.
Que représente la musique andalouse pour vous ?
En quelques mots, je dirais bien passion, héritage et avenir. Dans cette musique et aussi dans sa poésie, je retrouve beaucoup de beauté et d’amour. De sa forme la plus simple, cette musique m’apaise et m’apporte souvent du réconfort et de la sérénité.
Vous apportez une touche nouvelle à cette musique, pourquoi ?
Comme toute femme moderne, j’aime bien correspondre à mon époque tout en préservant le patrimoine. Je tente d’adapter mes productions au temps actuel et de donner une forme moderne et recherchée à cette musique qui s’inscrit dans le paysage culturel moderne.

Avez-vous des modèles dans le domaine artistique ?
Sincèrement, je ne m’identifie pas à des modèles bien précis, mais je m’inspire beaucoup des grands noms qui ont marqué l’histoire de cette musique tels que Cheikh Abdelkrim Dali, Sami el Maghribi, Rinet l’Oranaise, etc.
Des projets ?
Depuis ma reprise et après avoir fait quelques concerts, j’ai entamé une collaboration artistique avec le chef d’orchestre Khalil Baba Ahmed, une collaboration qui a donné naissance à deux spectacles qu’on a déjà produits plusieurs fois sur scène. Il s’agit d’Evasion andalouse et Traversée andalouse. Ces deux spectacles ont connu un engouement particulier du public et nous travaillons actuellement sur la programmation de nouvelles représentations pour les mois à venir. Par ailleurs, je prépare d’autres projets de collaboration internationale que je vais bientôt dévoiler au public.

CET ALBUM FUT POUR MOI L’OCCASION DE PRÉSENTER LA MUSIQUE ANDALOUSE SOUS UNE NOUVELLE FORME. AUCUN DÉTAIL N’A ÉTÉ NÉGLIGÉ POUR DONNER NAISSANCE À UNE EXPRESSION MUSICALE RICHE EN SONORITÉS ET EN ARRANGEMENTS.

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