Le ‘‘saint’’ de Leila

Le ‘‘saint’’ de Leila

«Leila c’est ma femme, ça faisait six ans que nous étions
mariés, j’avais 44 ans, elle en avait 38, pas d’enfants et
d onc, visiblement pas de problèmes…
Deux ans après notre mariage, Leila a su qu’elle avait un
c ancer du sein et qu’elle devait sublir l’ablation, donc la
c himio…
A cause de cette mastectomie, Leila pensait perdre toute sa
féminité et en souffrait beaucoup.
C’était une amoureuse de la vie et elle avait l’impression que
la vie l’a abandonnée.
J’aurai tout fait pour lui éviter cette souffrance. J’étais même
p rêt à sacrifier mon propre sein si cela
p ouvait épargner le sien.
J e me suis rasé le crâne le jour de mes
q uarante ans en lui faisant croire que je
passais la crise de la quarantaine. Pour moi
c’était juste un moyen de lui expliquer que
même, sans cheveux, elle restera toujours
ma belle et unique Leila .
E lle avait très peur que je la quitte, car sa soeur a été,
e lle aussi, victime du cancer du sein et son mari l’avait
lâchement quittée. Je n’ai jamais compris l’acte ignoble de
cet époux indigne et je devais lui prouver que les hommes
n ’étaient pas tous les mêmes.
Je l’ai surprise à plusieurs reprises en train de pleurer, il n’y a
rien de plus dur pour un homme que de voir sa femme pleurer
et de ne pouvoir rien faire pour elle…
C omment faire pour redonner le sourire à ma Leila et
b analiser ce sein perdu à jamais …
Je devais absolument dédramatiser chaque triste situation,

je n’arrêtais pas de lui ressasser : ‘‘Un sein, ça sert à quoi
finalement ?’’.
J’ai commencé au départ par lui montrer les mannequins
avec des seins plats, pour lui prouver que le plus important
est tout simplement ce qu’elles dégagent comme grâce et
beauté.
Ensuite je me suis mis au Kamasutra pour lui prouver que
dans 80% des positions sexuelles, l’homme ne touchait pas
les seins de sa femme, et que dans les 20% restants, il n’en
touche qu’un seul. C’est normal, il faut bien s’appuyer sur
quelque chose !
J ’ai même été jusqu’à me risquer à un peu
d ’humour dans ses moments de féminité
l es plus intimes … Oui, le fameux soutieng
orge avec une ‘’technique’’ de rembourrage
b ien à moi : ‘‘Écoute chérie j’ai tellement de
chaussettes dépareillées, au moins ça servira à
quelque chose.’’ Leila rigolait à chaque blague
et je sentais que ça lui donnait encore plus de
f orce. Et par-dessus tout ça, je n’ai jamais cessé de lui
répéter les phrases qu’elle avait tant besoin d’entendre du
genre : ‘‘Mais chérie, le plus important c’est qu’on soit tous
l es deux sains et saufs … Profitons de la vie !’’
Et nous l’avons fait ! Leila a combattu avec succès cette
maladie. Aujourd’hui, c’est la vie qui est tombée amoureuse
d ’elle, allant même jusqu’à lui offrir le plus beau des
c adeaux. Eh oui, nous sommes à présent parents d’un
m agnifique Adam qu’on considère providentiellement
c omme «le saint de Leila».
Mohamed nadjib

Je devais absolument dédramatiser chaque triste situation , je n’arrêtais pas de lui ressasser : ‘‘Un sein, ça sert à quoi finalement ?’

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