Douce soirée de novembre

Le froid arrive à grands pas, l’hiver en perspective dans notre champ de vision. Raison
de plus pour que ce mois-ci règne l’ambiance cocooning à gogo. Le réchauffement
climatique, on l’envisage d’abord, feddâr : envie de prendre soin de soi davantage,
envie de faire plaisir aux autres en recentrant son petit monde bien au chaud à la
maison, envie de trier les armoires en déballant les cartons avec écrit «vêtements
d’hiver» dessus. Sans vouloir frôler les clichés, on commence à penser vestes chaudes,
petits pulls et collants fins sous le pantalon. Au dîner, le soir, une bonne loubia et
du metlou’e frais qu’on trempe dans la sauce à plusieurs reprises parce qu’on n’est
pas très sûre du goût. Au dessert, des pommes au four caramélisées qu’on creuse à
pleine cuillère à la saveur d’eau de fleur d’oranger. On savoure en famille ces instants
tendres à souhait, à dresser le bilan d’une journée de travail bien remplie, à féliciter
les enfants d’avoir donné la bonne réponse en maths, à prendre des nouvelles des uns
et des autres, à parler du programme du week-end, tout en sachant qu’il aura bien
le temps de changer d’ici là. Vers 22h, une fois la tribu dans les bras de Morphée,
c’est le plateau gourmand devant la télé en soufflant sur une verveine au miel infusée
au citron, quelques carrés de chocolat noir à proximité pour les plus raisonnables ou
fourrés à la praline pour les faibles d’entre nous. On laisse le temps s’écouler en douceur
pour s’assurer de ne pas être prise en flagrant délit de gourmandise. Ces moments de
khalwâ qui n’appartiennent qu’à nous, qu’on n’a envie de partager avec personne et
qu’on fait durer jusqu’à pas d’heure. On éteint le luminaire de l’étagère et on baisse le
volume de la télévision. On imagine un feu de l’âtre, on entend presque le crépitement
des brindilles. La chaleur peine à se diffuser. Alors on remonte le Plaid polaire jusqu’aux
épaules avant de placer sa tête sur le plus douillet des coussins. Des bribes de dialogue
de notre série favorite nous parviennent en arrière d’un fond sonore, la sensation de
sommeil nous enivre si fort que nos yeux deviennent beaucoup trop lourds pour les
maintenir ouverts. On s’imagine se lever et rejoindre le mari qui dort comme un bébé
dans la chambre mais notre corps ne fait qu’un avec le canapé. Et on s’endort ainsi,
sans même s’en rendre compte, parce qu’on est bien, la paix dans la tête. L’exemple
type d’une douce soirée de novembre comme on les aime…
Par Vanessa Soltani

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