FARAH YASMINE JOURNALISTE ANIMATRICE A la conquête du web

FARAH YASMINE JOURNALISTE ANIMATRICE A la conquête du web

Talentueuse journaliste animatrice, Farah Yasmine a plusieurs cordes à son arc. Bourrée de talents, le visage médiatique le plus suivi sur les réseaux sociaux n’arrête pas de surprendre ses fans par son originalité et sa simplicité. Des idées, elle en a à en revendre. Pour preuve, l’animatrice de Qahwa hlib party, de Zikmag veut conquérir désormais le web avec sa nouvelle émission fraichement lancée Fel web maa Farah Yasmine, un talk-show à but influent sur le web avec un concept décalé et original. Dans cet entretien, la journaliste influenceuse nous parle de son «bébé», de ses projets et des moments qui l’ont marqué tout au long de son parcours.
Propos recueillis par Dalila Soltani

Farah Yasmine, vous êtes une journaliste touche-à-tout. De la presse écrite, à la télé en faisant un passage à la radio, vous venez de faire votre entrée sur le web avec Fel Web maa Farah Yasmine. Parlez-nous un peu de cette émission ?

Fel Web maa Farah Yasmine est le premier talk-show de divertissement algérien à but influent. Mon objectif à travers ce programme est d’influer sur l’internaute algérien. Nous évoquons à travers l’émission la mauvaise utilisation des réseaux sociaux. Le web est un monde tellement vaste, c’est aussi une arme à double tranchant quand il est utilisé à mauvais escient. Les premières personnes victimes de ce mauvais usage du web en Algérie sont les «people», les influenceurs, les artistes, les youtubeurs et les blogueurs. En gros, toute personne qui réalise des chiffres importants sur le web, qui possède une grande notoriété n’échappe pas à la critique souvent et malheureusement malsaine. A travers mon talk-show, je tente d’emmener chaque internaute à mesurer la gravité de ses critiques virulentes sur l’artiste. Mon talk-show est une forme de sensibilisation des jeunes afin d’opérer un déclic et changer cette relation entre l’internaute et le people, de créer une meilleure communication et d’aller vers une critique positive.

Fel web maa Farah Yasmine est une émission hebdomadaire qui passe chaque vendredi soir à 19h sur YouTube. C’est un programme de 30 mn. Mes invités sont toutes ces personnes influentes en Algérie qui réalisent de gros chiffres sur le web, et sont suivies par des milliers de personnes.

Un talk-show algérien sur le web, il s’agit d’une première en Algérie. Pourquoi cette envie de vous lancer sur le web ?

Avec les invités que j’aurais à accueillir pendant l’émission, nous parlerons des chiffres, de la responsabilité que porte l’influenceur, à travers sa notoriété, mais aussi de la portée des critiques des internautes sur l’artiste. J’ai remarqué en tant qu’influenceuse web que ces personnalités ne répondent jamais aux commentaires des internautes. Elles adoptent le «no comment». J’ai donc mis en place une rubrique qui s’appelle «Youcomment». Le people aura le droit de passer donc du no comment au Youcomment. Chaque people aura le droit de réagir aux commentaires. Les pires remarques et clichés seront abordés sur le plateau. Mon objectif à travers cette rubrique est d’attirer intelligemment l’attention de l’internaute algérien sur l’ampleur de ces mots virulents et ces critiques non constructives sur l’artiste. L’emmener à réfléchir à l’ampleur de ses mots sur l’artiste. Je souhaiterais parvenir à pousser l’internaute à soutenir l’artiste, à accepter la différence, à cesser de dénigrer ces personnalités et d’apprendre à formuler des critiques de façon positive.

Vous êtes l’animatrice la plus influente et la plus présente sur les réseaux sociaux. Quel constat faites-vous de l’Algérien d’aujourd’hui sur les réseaux sociaux ?

Sur les réseaux sociaux, l’Algérien d’aujourd’hui semble être allergique à la réussite de son compatriote. Je ne comprends pas comment des commentaires positifs du même internaute peuvent aller sur la page d’un Libanais, un Marocain ou un Égyptien, alors que les pires remarques sont réservées à son concitoyen. Pour moi, c’est de la mauvaise foi. J’ai moi-même fait les frais de cette expérience et j’en garde un mauvais souvenir. En 2015, alors que je représentais les animateurs algériens dans Arab Presenter, j’ai été lynchée sur les réseaux sociaux. Pourtant, j’estime avoir dignement représenté mon pays.

Dans un style très décalé, vous abordez les chiffres et l’expérience des influenceurs et des artistes que vous accueillez. Toutefois, vous n’hésitez pas à évoquer toutes les réflexions négatives sur le web. N’est-ce pas un peu gênant ?

Les influenceurs et les invités de l’émission ont tous compris le principe du talk-show. Ainsi, avec un esprit très ouvert, nous abordons tous les clichés, les mauvais commentaires et leur répercussion sur l’artiste. Pour mes invités, je suis leur porte-parole, je suis là pour les défendre et leur permettre de s’exprimer sur ce qui leur fait mal. Cette relation de confiance que j’ai tissée avec tout ce beau monde me permet de ressortir l’absurdité des commentaires sur le net dans un but bien précis. Celui de créer le déclic et de provoquer un changement dans les mentalités.

L’émission passe quand et qui seront les invités ?

‘Fel web maa Farah Yasmine est une émission hebdomadaire qui passe chaque vendredi soir à 19h sur YouTube. C’est un programme de 30 mn. Mes invités sont toutes ces personnes influentes en Algérie qui réalisent de gros chiffres sur le web, qui sont suivies par des milliers de personnes. Le lancement officiel du talk-show s’est fait en janvier dernier. J’ai donc pris le temps de réaliser un frigo d’un mois et demi et je continue à tourner. Pour ce qui est de mes invités, tous les influenceurs ayant des milliers de vues seront mes invités : les podcasts, youtubeurs et artistes. De Kader Japonais jusqu’à Souhila Benlachheb passant par Anes Tina et Zerrouta.

«Après l’expérience Arab Presenter, en 2015, j’ai arrêté l’animation pendant deux saisons. J’étais très déçue par l’audience algérienne. J’avais également plusieurs offres au Moyen Orient et j’hésitais encore.»

Comment est née cette idée ?

Après l’expérience Arab Presenter, en 2015, j’ai arrêté l’animation pendant deux saisons. J’étais très déçue par l’audience algérienne. J’avais également plusieurs offres au Moyen Orient et j’hésitais encore. Après mûres réflexions, j’étais convaincue que pour repartir vers d’autres horizons, je devais être plus forte, construire une excellente audience dans mon pays. C’est là que je me suis dit si je reviens à l’animation, je le ferais avec une émission qui me ressemble et dont je serais convaincue. Entre-temps, durant cette pause, mes chiffres ont commencé à augmenter sur les réseaux sociaux. Je suis passée d’animatrice télé à influenceuse web à la journaliste la plus suivie sur le web, à signer des contrats avec des marques. J’ai compris l’importance du web et j’en faisais les frais au quotidien avec de plus en plus de menaces, de mots méchants, de critiques injustifiées. Je voyais toutes ces célébrités souffrir sans pouvoir se défendre, se faire torturer ainsi. C’est là que j’ai pris la décision de devenir le porte-parole de ces personnalités qui façonnent l’opinion publique, à travers une émission porteuse, bien construite qui permettrait à toutes ces personnalités de dire barakat ! Arrêtons de mal utiliser le web, utilisons les réseaux sociaux pour le contact social et non pour nous détruire et nous dénigrer.

Comment se passe le tournage des épisodes ?

L’émission est mon petit bébé, je la coproduis. Je l’ai faite avec mes propres moyens. Je n’ai pas de sponsors pour l’heure. J’ai aménagé une partie de mon salon. Je suis animée de beaucoup de passion et d’amour pour réussir ce challenge.

Active, pleine d’énergie et d’idées, vous êtes une journaliste qui a plus d’une corde à son arc. Vous êtes aussi actrice. L’année dernière, le public algérien vous a apprécié dans la vidéo du Youtubeur Anes Tina qui évoque l’amour à l’algérienne. Des projets de ce genre à l’horizon ?

J’ai déjà tourné en 2012 dans la sitcom Caméra Café sur Dzair TV. En 2017, j’ai mené cette expérience complètement déjantée avec Anes Tina où nous avons abordé le manque de romantisme de la jeune génération. Comment le couple algérien perçoit l’amour. J’ai également joué pendant ce ramadan dans deux séries : Saber Ynal et le Retour de l’inspecteur Tahar où j’ai campé le rôle de la fille de l’apprenti. Pour 2018, j’ai également un projet sur le petit écran qui, j’avoue, m’a séduit.

Vous êtes aussi une personne engagée…

En effet, je suis aussi l’ambassadrice du don de sang en Algérie auprès de l’agence nationale du sang. J’essaye à travers mon rôle d’influenceuse web de sensibiliser les jeunes à cette cause très noble. Nous prévoyons prochainement une caravane artistique, nous irons dans les wilayas du pays à la rencontre des jeunes dans les universités pour animer des conférences et mener des campagnes de sensibilisation.

Vous avez déjà participé en 2015 au programme Arab Presenter. Que gardez-vous de cette expérience ?

Professionnellement j’ai enrichi mon carnet d’adresses, j’ai amélioré mon arabe en faisant un vrai travail sur moi-même, j’ai appris beaucoup de choses sur le plan professionnel et j’ai appris également que pour repartir vers le monde arabe, il faut se construire une notoriété et une excellente audience dans son pays d’abord.

Farah Yasmine, vous vous présentez comme journaliste animatrice, pourtant vous n’écrivez plus dans la presse écrite. Cela ne vous manque-t-il pas un peu ?

La presse écrite me manque beaucoup. Pour moi, il s’agit de la base de tout journaliste qui se respecte. J’ai fait presque trois ans et demi dans cette belle école.

Vous avez commencé à exercer comme journaliste alors que vous étudiez encore l’audiovisuel à l’université. Comment vous vous êtes retrouvée dans le monde de l’animation télévisée ?

J’ai étudié l’audiovisuel à l’université. Pour moi, la presse écrite était la base pour apprendre à écrire, mais j’ai toujours voulu faire de la télé. Un jour, en 2012, j’ai saisi une occasion. J’ai commencé par animer l’émission Qahwa hlib party sur la chaine de télévision Al Jazairia, une émission qui donnait la chance aux artistes algériens de se faire connaître.

Vous avez également fait un passage à la radio, sur Jil FM. C’était pendant une saison de la matinale. Un mot sur cette expérience…

Jil FM était une excellente expérience. J’ai adoré la bonne humeur, l’effort que je devais faire sur moi-même. La radio est une école de vie, elle t’apprend à te surpasser, à être toujours disponible pour l’auditeur.

Entre la télévision et la radio, en tant que journaliste, quelle est pour vous la meilleure école ?

Chaque école est différente. Personnellement, j’aime la télé, car elle complète tout ça et la caméra ne ment pas, elle te dévoile telle que tu es. Je suis très à l’aise avec la caméra, je suis moi-même l’Algérienne qui ressemble à toutes les femmes et à qui chaque femme peut s’identifier.

Un projet…

J’ai envie que la première saison de mon émission réussisse. Je souhaite me consacrer au lancement du premier talk-show web algérien. Je rêve qu’un jour Fel web maa Farah Yasmine soit arabe, car le web ne connaît pas de limite.

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Du tac au tac

Une rencontre qui vous a marquée ?
L’humoriste français Guy Bedos et le boxer Mike Tyson. Ces deux personnalités m’ont épatée avec leur modestie et leur simplicité.
Un moment très fort en émotion pour vous ?
Le décès de ma grand-mère adorée que j’évoque à chaque occasion, car elle m’a beaucoup appris dans cette vie.
Un rêve que vous souhaitez réaliser à l’avenir ?
Je suis de celles qui préfèrent ne pas parler de leurs rêves, mais plutôt les montrer.
A quelle icône aimeriez-vous ressembler ?
Joelle Mardinian, une femme qui me ressemble dans sa spontanéité. Avec tout ce que représente cette célébrité au Moyen-Orient, elle met des vidéos pieds nues, elle se filme en train de jouer avec ses enfants, parle avec sa femme de ménage. Cette professionnelle du make-up est la preuve qu’on peut réussir tout en étant soi-même.
Si vous n’étiez pas une journaliste animatrice, que seriez-vous ?
Créatrice de mode ou chanteuse.
Votre qualité ?
Simple et spontanée
Votre pire défaut ?
Perfectionniste, je déteste déléguer.

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