Divorcée ! J’AI ÉPOUSÉ UN CÉLIBATAIRE, PLUS JEUNE QUE MOI

Divorcée ! J’AI ÉPOUSÉ UN CÉLIBATAIRE, PLUS JEUNE QUE MOI

Leur premier mariage a volé en éclats. Après leur divorce, la providence a mis sur leur chemin un célibataire. Un homme de première main, comme on dit. Jamais marié et au préalable plus jeune. Est-ce facile d’affronter le regard de la société lorsqu’on est dans ce cas ? Etre divorcée c’est être déjà cataloguée, stigmatisée, pointée du doigt. Comment ces femmes, qui sont reparties dans la vie conjugale avec un homme célibataire et plus jeune, ont-elles vécu cette expérience ? Donnons la parole à Yasmine, Meriem et Anissa.

Par Lydia Nesli

Tabous et préjugés
Yasmine, 42 ans, maman d’une petite fille a refait sa vie avec un homme plus jeune qu’elle. «On s’est connus lors du mariage d’une collègue. Il ne me quittait pas des yeux et a sollicité une relation commune afin d’être présentée à lui. Nous avons tout de suite engagé la conversation. Il semblait sympa et j’ai noté qu’il s’intéressait beaucoup à moi. Afin de ne pas semer le doute dans sa tête, je ne lui ai rien caché de ma situation familiale : divorcée et maman d’une petite fille. Cela ne l’a pas du tout bloqué. J’ai ensuite découvert que j’étais de trois ans son aînée. Je me suis dit que notre relation était vouée à l’échec. Toutefois, Salim a continué à me poursuivre de ses assiduités. Il était déterminé à m’épouser. Lui-même me plaisait beaucoup, mais je craignais que cet élan ne soit le fruit d’un coup de foudre passager. Nous nous sommes fréquentés pendant quelques mois. Le courant passait très bien entre nous. C’est là qu’il a décidé d’informer ses parents de mon existence. Sa mère a très mal pris les choses. Divorcée, un enfant et plus âgée, c’était trop de tares à ses yeux. Au contraire son père, visiblement plus tolérant, a jugé que son fils était assez mûr pour choisir la femme avec laquelle il voulait fonder un foyer. Finalement, la demande en mariage s’est bien passée. Nous avons célébré notre mariage et avons eu le bonheur d’avoir un petit garçon. Je pense qu’il faut savoir dépasser les préjugés. Dans notre société c’est souvent l’entourage qui gâche une relation. Jugements à l’emporte-pièce, tabous, idées préconçues, malversations détruisent souvent des histoires dans l’oeuf, au grand regret de ces couples qui passent à côté d’un bonheur confisqué.»

Le ciel ne s’est pas effondré
Il arrive parfois que les barrages proviennent de la famille de la fille. «Après mon divorce, j’ai fréquenté un célibataire plus jeune que moi», confie Meriem, 35 ans. Dès que mes parents l’ont appris, ils se sont mis dans tous leurs états. J’allais être la risée de tout le quartier et eux-mêmes ne pourraient plus mettre le nez dehors si les gens l’apprenaient. En fait, ce qui les gênait le plus c’était de savoir que mon prétendant était mon cadet de 4 ans. Mon père dépassait ma mère de 8 ans ! C’était la norme, selon leurs dires. Nous avons perdu plus d’une année à essayer de les convaincre. J’argumentais en évoquant mon mariage raté. Mon premier compagnon n’était-il pas mon aîné de 5 ans ? Ce n’est pas pour autant qu’il a eu un comportement d’homme avec moi. Il me méprisait, courait les femmes et était toujours absent. En dépit de tous ces obstacles, mon prétendant n’a pas baissé les bras. Affichant une assurance à toute épreuve, il a fini par les convaincre de ses intentions de faire de moi une femme heureuse. J’ai épousé un homme célibataire et plus jeune que moi et j’ai envie de dire : ‘’et après ?’’. Le ciel ne s’est pas effondré. Nous sommes très heureux et avons une foule de projets à réaliser à deux.»

Du virtuel au réel
«J’ai connu Yacine sur le net, révèle Anissa, 37 ans. Il vivait et travaillait en France, à Grenoble. Je n’aurais jamais pensé que notre relation prendrait une tournure sérieuse. Un premier mariage catastrophique m’a fait perdre toute confiance en moi. Mon union n’a duré que deux ans et m’a laissé un goût amer. Le mot ‘divorcée’ reste toujours tabou dans notre société. Je parle des femmes, car les hommes peuvent divorcer plusieurs fois sans être pour autant montrés du doigt. Yacine avait hâte de me rencontrer et c’était réciproque. Que d’appréhensions pour ce premier rendez-vous ! Sera-t-il toujours emballé en me voyant et lui, me plaira-t il dans la réalité ? Je ne lui ai rien caché de mon statut de divorcée, mais, lui, avait menti sur son âge. Ce n’est qu’au bout de la troisième rencontre qu’il m’a avoué qu’il avait 3 ans de plus que moi et que cela ne le gênait nullement. Ensuite tout est allé très vite. On s’est mariés et après de fréquents allers-retours, j’ai pu enfin m’installer avec mon époux en France.» Dans une société qui a tendance à accabler la femme divorcée et à lui faire porter le chapeau de l’échec de son mariage, avoir une seconde chance de refaire sa vie s’apparente parfois à l’ascension du Mont Blanc. Mais lorsque Cupidon vient à passer par là, des chemins peuvent se croiser. Age, statut, niveau social… qu’importe. ‘‘Le coeur a ses raisons que la raison ne connait point’’, dixit Blaise Pascal.

 

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