Je redoute les vacances d’été

Je redoute les vacances d’été

Tout le monde trépigne d’impatience de voir arriver les vacances d’été pour boucler ses valises et s’arracher à son quotidien et à sa routine, sauf eux. A mesure que le jour ‘j’ avance, une boule d’angoisse les assaille.
S’arracher de leur giron habituel les inquiète. Le vide estival les tourmente.
Par Lydia Nesli

Ils n’aiment pas le rush des estivants. Ils détestent les aéroports et les plages bondés de monde. Passer la journée à se rouler les pouces ou à jouer les sardines grillées face au soleil, très peu pour eux. Ces ‘extraterrestres’ resteraient bien au calme, dans leur appartement, s’il n’y avait pas la pression familiale !
«Allez ! Viens avec nous ! Tu ne vas pas rester seul tout de même !»
Partez sans moi !
Un compagnon qui n’arrive pas à se détendre en vacances c’est forcément énervant. «Mon époux est tellement addict au travail, qu’il ne veut jamais décrocher de ses dossiers. En fait, aussi étrange que cela puisse paraître, mon conjoint déteste le mot vacances», raconte Yamina, 41 ans. «Chaque année, c’est la même rengaine. Je dois négocier longtemps avec lui afin
qu’il m’accompagne avec les enfants en voyage. Aussi loin que je m’en souvienne, mon compagnon n’a pas dépassé une semaine de vacances avec nous. Au bout du troisième jour, il devient hyper stressant. Il n’aime ni nager, ni faire des balades et encore moins bronzer.
Pour lui, c’est une perte de temps. Même en vacance, il reste connecté à son entreprise via le téléphone ou internet. C’est son caractère. En dépit de nos 16 ans de mariage, je n’ai pas réussi à le changer sur cette question. Les vacances l’ennuient. Je pense même qu’elles l’angoissent. C’est une torture pour lui de rester sans rien faire. Il devient bougon et irritable.
Afin de ne pas mettre de l’eau dans le gaz, je le laisse repartir.
Quant à moi, j’adore profiter du farniente avec mes enfants.»

Je déteste les vacances
Etre dans l’incapacité de décrocher, de se détendre, de se laisser vivre, Hassiba, 34 ans, architecte de son état en connaît un rayon puisqu’elle est dans ce cas. «Je n’aime pas la nonchalance qui caractérise les vacances d’été. On a l’impression que tout s’arrête pour laisser place à une sorte d’oisiveté collective.
Une béatitude qui ne dit pas son nom. D’ailleurs, je prends rarement des vacances. Et lorsque c’est le cas, c’est juste pour 3 jours et en dehors de la période estivale. Bien sûr, si je bouge, j’emporte du travail avec moi. Quitter ma routine m’angoisse.
J’ai mes repères chez moi et je n’aime pas du tout changer d’environnement. Partir en vacances ne me botte pas. Mon travail est plus excitant.»

Charivari estival
Quitter le cocon habituel, changer de rythme et se retrouver embarqué dans le flot des voyageurs est redouté par certains.
C’est le cas de Hind, 34 ans. Cette artiste peintre partage son temps entre ses toiles et l’éducation de ses enfants. «On est pris dans une espèce de tourbillon pendant 11 mois et lorsque les vacances d’été arrivent, c’est le calme plat. Ce vide me confronte aux pensées que je veux chasser de ma tête. C’est un face à face avec moi-même qui s’impose d’un coup parce que le rythme de ma vie est soudain ralenti. Cette inactivité fait remonter des idées sombres à la surface. Des choses que je veux oublier. Par ailleurs, en vacances, je perds mes repères. Il faut plusieurs jours avant de prendre mes marques. En fait, les vacances m’insupportent. Les aéroports bondés de monde, les avions en retard, cette course vers les mêmes lieux de distraction me déprime.
J’assimile ces journées creuses à une perte de temps. Il faut sans cesse inventer plein d’activités pour avoir l’impression de ne pas rater ses vacances. Résultat des courses : au retour des vacances, vous êtes encore plus fatigués qu’avant
le départ.»
Les vacances, synonyme de plaisir, de joie et d’insouciance ? Pas pour tout le monde apparemment. L’inactivité qu’induit cette
parenthèse semble peser lourd pour les accros du travail. Ils préfèrent le confort de leur salon aux plages de sable fin. Et si on les laissait tranquilles dans leur cocon douillet ?

«Chaque année, c’est la même rengaine. Je dois négocier longtemps avec lui afin qu’il m’accompagne avec les enfants en voyage…Il devient hyper stressant. Il n’aime ni nager, ni faire des balades et encore moins bronzer.

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