J’élève mes enfants à la dure

J’élève mes enfants à la dure

Intransigeants, fermes, sévères. Ces parents ne badinent pas avec l’éducation de leurs enfants. Aucune concession, zéro négociation. Le temps passé devant l’ordinateur, la tablette ou la télévision est chronométré.

Devoirs scolaires, repas, dodo, réveil…tout est sous contrôle. Premier avertissement en cas d’écart de conduite, puis place aux punitions. Si ces parents éduquent leurs enfants à la dure, c’est qu’ils sont persuadés que tout se joue durant la petite enfance. Une main de fer dans un gant de velours, pour ne pas avoir de regret par la suite, c’est leur philosophie. Témoignages.

Obéir au doigt et à l’œil
«Les enfants ont besoin d’un pare-feu, sinon ils font n’importe quoi» pense Kawhter, 38 ans, mère de deux enfants. Le syndrome de l’enfant roi à qui l’on passe absolument les moindres caprices a détruit beaucoup d’enfants et en fait des tyrans. J’ai vu les dégâts autour de moi, chez des amis et dans ma propre famille. Chez moi, ce n’est pas mes enfants qui décident. J’ai deux garçons qui ont respectivement 7 et 9 ans. Les règles de conduite sont claires. Ils les connaissent et savent que chaque manquement les exposerait à des punitions. Mon mari et moi sommes très stricts sur certains points. Interdiction par exemple de rester scotcher des heures devant l’ordinateur ou la télévision. Quand ils rentrent de l’école, mes garçons ont droit à une vingtaine de minutes de détente devant la télévision puis place aux devoirs. Dans notre éducation, mon époux et moi-même évitons de faire miroiter des récompenses matérielles systématiques à nos enfants du genre ‘’si tu as une bonne note, tu recevras un cadeau’’. Nous leur avons inculqué la notion de travail. Il est important de grandir avec cette valeur afin qu’elle demeure ancrée en eux, toute la vie.»

Une main de fer dans un gant de velours
Régime militaire, diront certains. Education nécessaire, répliquent d’autres. «Ce n’est pas facile d’élever des enfants à notre époque», reconnait Lynda, 45 ans, mère d’une adolescente de 15 ans et d’un garçon âgé de 10 ans. «On est obligés d’être stricts avec eux. Si on ouvre trop les vannes, c’est fichu. Les enfants gagnent du terrain et ne vous obéissent plus. Une main de fer dans un gant de velours. C’est ma devise. Mes enfants, je les ai habitués à donner un coup de main dans les tâches ménagères, par exemple. La notion d’entraide est primordiale au sein d’une famille. L’utilisation du téléphone portable est régie par des règles. Interdiction de les garder à table ou pendant leurs devoirs. Je ne tolère pas non plus qu’ils passent des heures à pianoter sur les réseaux sociaux. C’est une perte de temps. En dehors des cours, ils ont des activités sportives. Ma fille prend également des cours de violon. Je passe le maximum de temps avec eux et leur donne énormément d’affection. C’est primordial pour leur équilibre.»

Mauvais exemple
«Quand je vois comment mon frère éduque ses enfants, je sors de mes gonds», dira Zahra, 28 ans. Les petits veillent pour regarder des films, ‘tchatent’ sur les réseaux sociaux jusqu’à une heure tardive et multiplient les caprices. Leurs placards croulent sous les jouets, mais ils en veulent toujours de nouveaux, car ils s’en lassent vite. Trop permissif, mon frère ne leur dit jamais non. Ma belle-sœur ne redresse pas la barre non plus. Lorsqu’ils sévissent par miracle, cela ne dure guère plus de 5 minutes. Résultat des courses : mes neveux ne les prennent jamais au sérieux lorsque leurs parents menacent de leur infliger des punitions. Je suis moi-même nouvelle mariée, je n’ai pas encore d’enfant, mais je ne compte pas reproduire cette éducation laxiste quand je serai maman.»
Il paraît que tout se joue durant la petite enfance. Les enfants ont besoin d’être confrontés à l’autorité parentale, afin de connaître leurs limites. Des parents sévères et stricts ne sont pas dépourvus de tendresse. Ils ne ratent jamais l’occasion de communiquer avec leurs enfants et de leur dire combien ils les aiment.

Par Lydia Nesli

 

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