Le ramadhan à l’algérienne Balak balak !

Le ramadhan à l’algérienne Balak balak !

Si le mois sacré est censé être un mois de piété et de tolérance pendant lequel les musulmans sont amenés à se réconcilier avec eux-mêmes, avec les gens qui les entourent, et à se rapprocher davantage de Dieu, ce n’est pas le cas de tout le monde. Pour certains, cela ne relève que de la théorie, car en pratique, ils deviennent impatients, colériques, insupportables, voire invivables.
Par Sarra Safar Bati

En effet, depuis un certain temps, le ramadhan cède aux rituels qui l’ont dépourvu de ses valeurs. Loin de toutes valeurs humaines, ce mois de jeûne laisse désormais place à tous les excès et cela dans tous les domaines…

Madabik, matahderch Maâya
Les nerfs à fleur de peau, certaines personnes ne supportent même pas qu’on leur adresse la parole. Manque de nicotine chez certains et de caféine chez d’autres, des attitudes loin d’être positives, prêtes à déclencher une troisième guerre mondiale, rien que pour une place de parking, une longue attente chez le boulanger où pire encore, une table plus au moins garnie.
«Je n’oublierais jamais mon dernier ramadhan. Ma première journée, je l’ai passée dans un poste de police à cause d’une dispute futile qui a failli tourner au drame. Je suis monté dans le bus, j’ai payé ma place et avant de descendre, le receveur est revenu me dire que je devais payer, il ne se souvenait pas
de m’avoir déjà vu payer. Mon ticket, je venais de le jeter. J’étais rouge de colère et tellement gêné que je ne me suis pas contrôlé et j’ai cogné sur le receveur», se souvient Ahmed, 35 ans.

Un ramadhan de corvées
Ramadhan est synonyme de corvées et de fatigue interminable aussi bien pour la femme au foyer que pour celle qui travaille. Entre la liste des achats, le ménage, la préparation du ftour, madame se retrouve pliée en quatre pour répondre aux exigences de monsieur et de toute sa famille. C’est le cas de Yasmine, mariée, deux enfants : «Pendant cinq ans de mariage, le ramadhan a été pour moi synonyme de difficultés. Je suis partagée entre les tâches ménagères et mon travail, je n’ai jamais eu de répit, une vraie course contre la montre. Le comble dans tout ça, c’est que mon mari ne m’aide jamais, même s’il n’a rien à faire.»

Le mois de tous les abus
Par ailleurs, on ne peut pas échapper à la règle d’or, cette folle envie irrationnelle d’acheter et de consommer sans modération.
Prêt à se ruiner, l’Algérien dépense un budget important dans la consommation pendant ce mois. «Mon mari me rend complètement dingue pendant ce mois. Chaque jour que Dieu fait, je me retrouve en train de cuisiner jusqu’à trois plats différents parce que monsieur est très gourmand. Je ne parle pas des différents types de pain qu’il collectionne et qui finissent dans un sachet en plastique. Il ne se rend même pas compte du poids du gaspillage. Heureusement que je ne jette rien et que je partage tous mes plats avec ma voisine», raconte Fatma Zohra, 50 ans.

Un mois commercial
Ne dit-on pas que le malheur des uns fait le bonheur des autres ? Ramadhan est une occasion parfaite aux commerçants pour booster leur chiffre d’affaires. Ces derniers profitent de ce mois sacré pour faire de la spéculation. Les marchés sont saturés du matin au soir. Les supermarchés ne désemplissent pas non plus.
C’est aussi le moment où l’événementiel explose. Un gain facile et assuré, des khaymate sont installées dans toute la capitale. Seul moment de l’année où les Algériens peuvent s’autoriser des sorties en soirée ; faute d’offre le reste de l’année, certains organisateurs abusent, toutefois, de la situation.
Avec des soirées variant entre 1 000 et 2 500 DA l’accès, sans oublier le budget de la consommation. Désormais, il faut le dire : coutume et habitudes ont changé, laissant place à un ramadhan différent, un ramadhan plus ou moins moderne.

Entre la liste des achats, le ménage, la préparation du ftour, madame se retrouve pliée en quatre pour répondre aux exigences de monsieur et de toute sa famille.

 

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