PROTÉGEONS NOS ENFANTS CONTRE LES CANCERS SECONDAIRES à l’infection à papillomavirus humain

PROTÉGEONS NOS ENFANTS CONTRE LES CANCERS SECONDAIRES à l’infection à papillomavirus humain

C'EST LA TOUTE PREMIERE JOURNEE MONDIALE DE SENSIBILISATION SUR LE VPH 4 Mars 2018

Nous avons centré cet écrit sur le cancer du col de l’utérus, car cet organe est, et de loin, le plus affecté par un cancer secondaire à une infection à papillomavirus humain. Cependant, et comme nous le verrons plus bas, six autres cancers, affectant autant les hommes que les femmes, bien qu’avec une fréquence moindre, sont la conséquence d’une infection à papillomavirus.
Le cancer du col de l’utérus est une maladie redoutable, surtout quand son diagnostic est tardif. Chaque année, plus de 1200 nouveaux cas de ce cancer sont diagnostiqués en Algérie, principalement chez les femmes entre 35 et 55 ans. La mortalité par ce cancer reste élevée.
La cause principale du cancer du col de l’utérus est une infection persistante par un virus, appelé Papillomavirus humain.

SCHÉMA DE L’APPAREIL GÉNITAL FÉMININ

CANCERS ASSOCIÉS À UNE INFECTION À HPV ONCOGÈNE*

Où se situe le col de l’utérus ?
Le col de l’utérus fait partie de l’appareil génital féminin. Il représente la partie inférieure de l’utérus, siège de la fécondation et du développement de foetus.

Qu’est-ce que le cancer du col utérin ?
Le cancer du col de l’utérus est une maladie qui se développe sur le tissu qui le recouvre. Il prend naissance dans la première couche du col utérin qui porte le nom d’épithélium.
Le cancer du col de l’utérus est secondaire à une infection par un virus appelé papillomavirus humain ou PVH, le plus souvent appelé HPV (pour human papillomavirus). Ce virus est fréquent dans notre environnement. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que 70% des hommes et des femmes adultes dans le monde ont été infectés au moins une fois par ce virus. L’infection par ce virus se transmet surtout par voie génitale, y compris en dehors d’un rapport sexuel, mais aussi par la peau, par les mains ou par du matériel médical infecté.
Ce cancer induit par l’infection à HPV peut survenir aussi au niveau du vagin, de la vulve chez la femme, mais aussi, chez les hommes au niveau du pénis, de l’anus, de l’oropharynx et de la cavité buccale. Le cancer du col utérin est le plus fréquent d’entre eux.

C’est principalement pour ces raisons que le vaccin anti HPV, au départ indiqué pour les filles, est maintenant prescrit pour les garçons et les adolescents (Canada, Australie…)
Sur 300 millions de personnes infectées annuellement par le papillomavirus humains, 500.000 développeront un cancer.
Lorsque le virus s’installe pour une longue durée à la surface du col de l’utérus, l’infection devient chronique et provoquera des modifications lentes et progressives qui pourront être diagnostiqués et soignés à temps si les femme pratiquent des examens gynécologiques réguliers.
Une période de quinze ans, en moyenne, s’écoulera entre le moment de l’infection par le virus HPV et l’apparition des premières cellules cancéreuses. Toute cette évolution se fait, le plus souvent, sans aucun symptôme.
Quels Symptômes doivent faire penser à un cancer du col de l’utérus ?
Ecoulement de sang par le vagin :
Après les relations sexuelles En dehors des règles Après la ménopause Règles abondantes et qui durent plus longtemps que d’habitude Mauvaise odeur et écoulement de liquide par le vagin Douleur pendant les relations sexuelles.
Ces signes ou même un seul d’entre eux doivent vous amener à consulter.
Quels sont les moyens de diagnostic précoce du cancer du col utérin ?
Le Frottis cervico-vaginal (FCV) qui est un prélèvement de cellules, par grattage, à la surface col de l’utérus et du vagin. Ce prélèvement est totalement indolore. Il est ensuite déposé sur une lame afin d’être examiné au microscope, afin de rechercher des signes d’infection à HPV, puis confirmer que c’est bien l’HPV qui en est la cause et identifier le type. Le FCV ne donne pas un diagnostic certain. Il ne fait qu’orienter votre médecin ou votre sage-femme vers la nécessité ou non de pratiquer un autre examen qui est la recherche et le typage du papillomavirus humain.
Quels sont les moyens de prévention primaire du cancer du col utérin, ainsi que les autres cancers secondaires à l’infection à papillomavirus ?
L’unique moyen de ne pas contracter la plupart des types oncogènes du papillomavirus humain est la vaccination contre le papillomavius humain (HPV). A partir de 2006, deux vaccins ont été introduits : le vaccin quadrivalent, le Gardasil 4,(efficace contre HPV 6,11, 16 et 18) et le vaccin bivalent, Cervarix, (contre HPV 16 et 18)
A partir de 2016, un troisième vaccin a été mis au point, le Gardasil 9, efficace contre 90%des cancers du col de l’utérus (HPV6,11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58)
Les vaccins permettent de prévenir plus de 90% des cancers du col de l’utérus chez les filles vaccinées. Ils diminuent aussi les taux de cancers de la vulve, du vagin et de l’anus.
Comment doit être pris ce vaccin ?
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)en 2016** ainsi que l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) en 2017***, recommandent toutes deux la vaccination entre l’âge de 12 et 14 ans en 2 prises à 6 mois d’intervalles.
Que contient le vaccin contre le HPV ?
Le vaccin contre le papillomavirus humain est fabriqué à partir de particules virales (en anglais : «Virus Like Particles») qui ne contiennent pas le matériel génétique du virus (ADN). Donc, cette vaccination ne fait pas courir le risque de développer la maladie puisqu’il ne contient pas l’ADN du virus.
Ce vaccin peut-il être dangereux pour la santé de l’enfant ?
A ce jour, 72 millions d’adolescentes et de jeunes femmes ont reçu ce vaccin. De nombreuses études sur les risques liés à ce vaccin ont été réalisées dans le monde. L’une des plus récentes d’entre elles a été réalisée en France en 2015 par l’Assurance maladie et l’Agence du médicament. Elle a porté sur 2,2 millions de filles vaccinées dans le
monde et a montré l’absence de dangerosité associée à ce vaccin.
Pourquoi vacciner le grand enfant et l’adolescent ?
Les données scientifiques montrent que la réponse immunitaire est meilleure lorsque le vaccin est administré avant 15 ans plutôt qu’après.
Quelle est la force et la durée de la protection que confère ce vaccin ?
Le vaccin a été introduit depuis plus de 10 ans. Dans les pays où il est pratiqué, il a permis de faire chuter de 90 % le nombre d’infections par ces virus cancérogènes, selon une étude parue dans The Journal of Clinical Infectious Diseases.

CONCLUSION

Les cancers, ou du moins la plupart d’entre eux, sont des affections
que l’homme ne sait pas encore définitivement guérir bien que, depuis
quelques années, des progrès importants aient été faits dans ce sens.
Les cancers associés au papillomavirus humain et, principalement le
cancer du col de l’utérus, sont des défis majeurs que doit affronter la
santé humaine au 21e siècle. Comme elle l’a fait pour des maladies
gravissimes, telles que la lèpre ou la variole aux siècles précédents,
l’intelligence humaine se dote progressivement de moyens de plus en
plus efficaces de lutte contre le cancer. L’exemple le plus typique de ces
progrèsest les moyens dont nous disposons aujourd’hui pour combattre
les cancers secondaires à une infection à HPV, à tous les stades de
leur évolution. Ainsi, avant même que ces cancers ne surviennent, il
est possible de diagnostiquer, de typer le papillomavirus qui est à leur
origine et de le surveiller pour identifier les éventuelles lésions qu’il
peut provoquer. Mieux encore, arme décisive, par la vaccination, nous
pouvons maintenant empêcher ce virus d’infecter nos enfants.

Doudja Hammouda
Professeur en épidémiologie à la Faculté de
médecine d’Alger
* Globocan 2012
**Communication OMS sur le vaccin anti-HPV :
Considérations particulières pour un vaccin
unique (Révision 2016)
*** Guideline de l’ASCO “Primary Prevention of
Cervical cancer : Resource-Stratfied Guideline”
(JGO : 21 mars 2017)

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