Une parenthèse le temps d’élever mes enfants

Une parenthèse le temps d’élever mes enfants

Elles étaient profs, cadres, interprètes … Une vie professionnelle bien remplie avec des horaires de bureau du matin au soir, cinq jours sur sept. De grosses journées entre embouteillages, exigences professionnelles, obligations familiales. A deux doigts de faire un burn-out, ces femmes ont dit stop.

Par Lydia Nesli

Leur témérité a été ébranlée à la naissance des enfants. Devant la difficulté de concilier carrière et rôle de maman, ces femmes ont jeté l’éponge. Elles ont décidé de mettre leur vie professionnelle entre parenthèses le temps de voir grandir leurs bambins. Certaines se sont même organisées pour continuer à gagner leur vie autrement. Accompagner leurs enfants à l’école, leur préparer des repas équilibrés, les aider à faire leur devoir, autant de gestes qui sont à leurs yeux prioritaires. Elles s’appellent Zina, Nouhad, Samira, des femmes qui nous racontent les raisons de ce choix.

De secrétaire à nounou
Zina, 39 ans, était chargée du secrétariat dans une entreprise étatique. La naissance de son premier enfant puis du second a complètement chamboulé sa vie. «Il était quasi impossible pour moi de mener de front mes deux obligations. Tenir mon foyer et être efficace dans mon travail relevaient du miracle. Mes enfants payaient les pots cassés. Ballottés d’une nounou à une autre, ils étaient complètement perturbés. A cause des embouteillages, mon mari et moi rentrions tard le soir. J’ai donc décidé de démissionner de mon poste et de m’organiser autrement. J’ai trouvé un autre job : nounou. Mes enfants sont à présent scolarisés au primaire. Je m’occupe de trois enfants dont les parents travaillent toute la journée. Je les récupère à la mi-journée et leur offre le repas à la maison avant de les reconduire à l’école, en même temps que mes deux filles. L’école est à deux pas de chez moi. Cela me permet de bien gérer mon temps. Je reçois une paye contre ce service. Et je fais d’une pierre deux coups : j’ai un revenu tout en assurant une bonne éducation à mes enfants. Dès que mes filles seront autonomes, je reprendrai un boulot.»

Les enfants, d’abord
Le rythme infernal de la vie moderne et la course effrénée d’une vie de plus en plus stressante ont eu raison de la volonté de Nouhad, 35 ans. «Je suis traductrice. J’ai travaillé pour un bureau de traduction jusqu’à la scolarisation de ma fille. Je n’arrivais plus à m’en sortir. Au début, ma soeur se chargeait de la récupérer, mais dès qu’elle a repris ses études, je me suis retrouvée avec un gros problème sur les bras. Il y a bien une cantine dans l’école de ma fille mais pas de personnel pour garder les écoliers durant la coupure de la mi-journée. D’un commun accord avec mon mari, j’ai démissionné. Je n’ai pas eu à le regretter, d’autant plus que je suis tombée enceinte deux mois plus tard. A présent, je suis mieux organisée pour m’occuper de ma petite famille. Il m’arrive de prendre des traductions à faire chez moi. Ainsi, je peux moduler mon temps, selon mes priorités. Concilier son rôle de maman et de femme active n’est pas toujours aisé. Il faut alors s’adapter surtout avec les difficultés de l’époque dans laquelle nous vivons. La demi-pension n’existe pas dans les écoles étatiques. Il faut alors choisir entre travailler ou faire la navette pour accompagner ses enfants. Pour ma part, j’ai opté pour l’harmonie de ma vie familiale, le temps que mes enfants grandissent un peu.»

Mauvaise influence
Une mauvaise expérience peut emmener certains parents à donner une autre orientation à leur vie. «Afin de continuer à travailler, raconte Samira, 34 ans, j’ai dû confier mes deux enfants de 3 et 5 ans à une nounou. Quelque temps après, j’ai remarqué de nouvelles habitudes et des comportements bizarres chez mes petits. Ils débitaient des grossièretés, se tenaient mal à table, refusaient de m’obéir… En fait, la nounou gardait d’autres bambins en même temps que les miens. Leur éducation laissait à désirer et cela les influençait négativement. J’ai décidé de réagir. Je sais combien les premières années de la vie d’un enfant sont primordiales. Ils sont comme une feuille blanche sur laquelle on peut tout écrire. L’argent, ça va et ça vient. Mais les bonnes bases de l’éducation s’acquièrent dès la prime enfance. Par conséquent, j’ai remis ma démission et je me suis mise à m’occuper de mes enfants à plein temps. Avec l’inscription de l’aînée à l’école, j’ai des journées bien pleines. Une parenthèse que je m’offre le temps de voir grandir mes enfants.»
Mettre un point à sa vie professionnelle pour mieux se consacrer à l’éducation des enfants est un choix que l’on observe de plus en plus dans notre société. Et lorsque la paie du mari n’est pas suffisante pour subvenir aux besoins de la famille, certaines femmes acceptent des travaux qu’elles peuvent exercer à partir de chez elles, en attendant de pouvoir retrouver un jour le chemin du bureau.

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