Yasmine Chouikh, réalisatrice «Les vieux aussi ont besoin d’amour»

Yasmine Chouikh, réalisatrice «Les vieux aussi ont besoin d’amour»

Connue pour ses rôles dans le film La Citadelle ou Douar de Femmes de Mohamed Chouikh, journaliste, animatrice de télé, Yasmine Chouikha écrit plusieurs scénarios de courts métrages et en a réalisé deux : El Bab en 2006 et El Djin en 2010, mais également une série télé Studio 27 en 2015. La directrice artistique du Festival international du court métrage de Taghit (Algérie) et responsable des courts métrages du festival international du film arabe d’Oran (Algérie) vient de sortir son premier long métrage Jusqu’à la fin des temps qui raconte, l’espace de 90 mn, une aventure amoureuse inaboutie née dans un cimetière. Rencontre.
Par Karima Belasli

Pourquoi avoir choisi ce thème pour votre premier long métrage ?
Quand on commence à écrire, on ne se rend pas compte de ce qu’on écrit, mais ce n’est qu’après une analyse des scénarios que l’on réalise que son attention est attirée beaucoup plus par des histoires humaines. Toutes les causes méritent de parler d’elles, mais moi, j’ai ressenti le besoin de parler de l’être humain, pas en tant que héros, mais dans sa vie quotidienne. Jusqu’à la fin des temps est un déversoir où convergent les idées, les problèmes et les questions incessantes qui agitent mon esprit, un courant d’énergies contradictoires où s’entrechoquent mes doutes et mes certitudes.
Vous êtes sortie de l’ordinaire en racontant une histoire d’amour entre deux personnes qui n’attendent plus grand-chose de la vie, notamment dans notre société…
En effet, j’ai grandi aussi avec cette idée que l’amour n’est destiné qu’aux jeunes, dans cette société algérienne qui interdit aux personnes âgées d’avoir des sentiments. Je voulais parler d’un amour né dans un cimetière, une histoire d’amour entre deux septuagénaires n’attendant plus grandchose de la vie et pensant qu’ils n’ont plus droit qu’à la mort, une métaphore de nos sociétés qui ont également tendance à être des lieux sinistres où la mort est reine et l’amour est tabou et si l’amour est toléré, il reste l’apanage de la jeunesse.
Quelles sont les difficultés rencontrées durant le tournage ?
Je suis contente d’avoir présenté le film. Certes, il y a des hauts et des bas, des moments difficiles, de la colère…
Mais je me dis que ça fait partie du métier, on ne doit pas céder à la première contrainte. Dans mes scénarios, je véhicule souvent cette image de faire face aux défis et les barrières posées par la société. C’est ce que je suis dans la réalité.

Jusqu’à la fin des temps a reçu le Grand prix du 3e Festival d’Annaba
«Annab d’or» du film méditerranéen en marsderrier. Il a également été récompensé au 10e Festival international du film de Mascate (Sultanat d’Oman) du Grand prix «Khindjar d’or».

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